Trophobiose : Vigne - Mildiou

Les travaux de Monsieur Francis CHABOUSSOU, directeur de recherches honoraire à l'INRA,  des années 70-80 sur la santé des cultures ont fait le lien entre la protéosynthèse et l'agriculture biologique. Sa théorie de la Trophobiose, explique et démontre le lien entre la parasite et l'appétance de la plante hôte.

Pour moi, 2018 année très humide (mai-juin) et propice au mildiou démontre à nouveau cette théorie, car les traitements ne suffisent pas à eux seuls à expliquer la maîtrise de cette maladie chez moi avec 4.2 kg de cuivre /ha et 11 passages.

Dans son ouvrage " Santé des cultures, une révolution agronomique" paru en 1985, La Maison Rustique, la relation vigne-mildiou est étayée pages 31- 32 - 33:

Les relations Vigne-Mildiou ont été particulièrement bien étudiées par Pantanelli (1921). Ces travaux peuvent se résumer ainsi : l’attaque du Mildiou suppose :

-          D’une part, la germination des conidies,

-          D’autre part, l’attirance des zoospores par les stomates, afin qu’il y ait pénétration.

Or, observe Pantanelli, si l’humidité du sol présente une influence capitale sur l’ouverture des stomates, par conte, la condensation de l’eau sur les feuilles a une action opposée sur les stomates. Bref, les conditions favorables à l’attaque sont réalisées par une nuit humide suivant une période chaude et sèche.

Cependant, l’humidité de l’air constitue, pour l’attaque, une seconde et importante condition, et ceci parce qu’elle influe sur les échanges nutritionnels des tissus foliaires…. En conditions humides et bien éclairées … la proportion des hydrates de carbone solubles était supérieure à l’amidon … la proportion des composés azotés et phosphorés était également élevée, favorisant les germinations

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Bref, tout ce processus par lequel la Plante intervient explique pourquoi les infections se produisent de préférence à l’aube : c’est le moment en effet où sont atteints la plus grande solubilisation de l’amidon et le maximum de décompositions des protéines.

En résumé, aussi bien l’influence de l’humidité que celle de la température s’accordent pour faire ressortir toute l’importance des composées solubles dans l’infection des feuilles de Vigne par le Mildiou. Et ceci par leurs effets nutritionnels. Ceux-ci sont d’ailleurs confirmés par l’influence de l’âge de la feuille….

-          Les très jeunes feuilles ne se laissent pas infecter, car elles renferment une plus grande quantité d’albumine, corrélative, d’ailleurs, de l’absence presque complète de composés solubles dans l’eau.

-          Par contre, les feuilles plus âgées, y compris les adultes, se laissent infecter. Toutefois chez les feuilles adultes, le mycélium progresse très peu.

La composition la plus favorable à l’attaque est caractérisée par une forte proportion de sucre, en comparaison à l’amidon, et de composés solubles azotés et phosphorés, relativement aux insolubles, c’est-à-dire par rapport à l’albumine, nucléine et protéides. Les acides organiques libres ne semblent pas avoir d’importance.

Ceci confirme, d’ailleurs, d’une façon générale, la raison de la résistance des feuilles matures aux infections : soit par leur faible quantité de composés azotés libres, la plus grande partie de l’azote étant contenue dans la protéine (Mackee H.S., 1958).

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En Résumé, l’étude des relations Vigne-Mildiou par Pantanelli montre bien toute l’importance des éléments nutritionnel solubles dans la contamination et l’infection par le champignon pathogène. Soit donc : dans le cadre d’un métabolisme où la protéolyse prédomine sur la protéosynthèse.

Si, comme l’a prouvé Pantanelli, les sucres ne paraissent présenter qu’une importance secondaire dans le cas du Peronospora, il peut fort bien ne pas en être de même pour d’autres champignons qui nécessitent, au contraire, semble-t-il de grandes quantités d’hydrates de carbone.